Réflexions sur l'Aïkido
Notre art est vraiment un art qui nous apprend, qui nous enseigne ce que douleur veut dire. Tout le monde souffre, tout le monde a mal. Mais personne ne veut de souffrance sans le bien être qui s’en suit. Qui dit souffrance, dit paix et tranquillité ensuite. Notre chemin dans l’aïkido nous a permis de comprendre et d’accepter cette souffrance qui au départ était prise comme un échec. Nous nous rappelons nos débuts où tout exercice était souffrance aussi bien physique que morale. En effet, notre corps ne pouvait supporter le moindre mouvement effectué seul ou avec un partenaire. Le premier de ces mouvements était, en fait, une position qui dans notre art s’appelle « seiza ». Après avoir joué au football pendant des années sans avoir fait le moindre exercice d’assouplissement pré ou post entraînement,
Dans la vie, nous n'aimons pas l' inconnu, que cet inconnu prenne la forme d'une personne, d'une chose ou bien d'un lieu. Et pourtant, notre désir d'accroître notre connaissance, de l'autre et de nous même, passe par cette découverte.
Il nous faut aller dans l'inconnu pour apprendre à nous connaître. Découvrir, se découvrir, peut alors déclencher chez nous des peurs que nous n'arrivons pas à analyser. Découvrir d'autres territoires est angoissant quand on n'a ni le recul, ni la connaissance nécessaires pour intégrer ces découvertes.
Les mains et les pieds sont les parties de notre corps qui nous permettent d'être en contact avec le tapis (les pieds) et le partenaire (les mains).
Il nous semble important d'analyser leurs comportements et surtout de trouver un parallèle entre le travail des pieds et des mains.
On peut diviser la main en deux parties si on coupe celle-ci dans le sens longitudinal. En effet le petit doigt et l'annulaire forment ce que nous appellerons la main de la force et le majeur et l'index forment eux, la main de la précision.
Il va de soi que la main de la précision doit être forte et que la main de la force doit être précise. Sur katate dori par exemple, si je veux emmener mon partenaire avec moi, j'utilise le petit doigt, ce qui induira une contraction du petit doigt de Uke qui le fera suivre mon impulsion.
Ce terme d' "entre-technique" est pour moi une aide importante pour comprendre ce qu'est l'aïkido.
En effet, le niveau de notre art a énormément progressé techniquement, mais je trouve que le temps qui s'écoule entre deux techniques est toujours mal interprété.
Pour moi, il est très important de mettre ce temps de "non-contact" avec le partenaire à se préparer à toute demande qu'Uke nous proposera. Il est indispensable de maintenir cet effort d'attention pour que le corps garde le même rythme que celui d'Uke.
Il m'est apparu important de traduire par des mots précis les émotions et sensations que l'on reçoit durant la pratique. Il faut préciser que ces mots sont ceux de ma propre expérience et donc sont le résultat de 30 années de pratique et surtout de l'étude de plusieurs langues étrangères qui m'ont permis de mieux comprendre le poids des mots dans un langage qui ne devrait être que corporel. J'ai commencé l'aïkido en France, ce qui induit un enseignement oral et visuel. Puis après quelques années je suis parti à l'étranger et j'ai passé des moments très difficiles car l'enseignement oral n'avait plus de sens pour moi, ne comprenant rien à ce que disaient les experts étrangers.
La première chose est l’aspect psychologique de ces fins. Une projection sera perçue par un public non averti comme une défaite, une douleur avec la sensation que l’on « doit se faire très mal ». Pour une immobilisation, ceux qui n’ont jamais pratiquer ne ressentent rien, cette notion de douleur est bien sur ressentie par de jeunes pratiquants qui n’ont pas encore suffisamment de techniques pour pouvoir accepter « cette douleur » causée par un ami, un partenaire qui est plus qualifié que lui ou par un professeur qui représente la technique idéale.